20 avr. 2008

MARATHON RESULTAT

Ce matin j'ai réussi à bien gérer mon stress pré-course, mais à mi-chemin entre la maison et le départ, Chéri me demande si j'ai pris ma carte d'identité. Damned !!! je l'ai oubliée.... Demi tour et il ne reste plus qu'une demi heure pour aller retirer mon dossard. ça ne commence pas sous les meilleurs hospices.

Le dossard en poche, je cherche désespérement où se trouve le départ, rien à droite, rien à gauche, la sécu ne sait pas non plus (hum hum, ça commence vraiment mal notre affaire).

Je trouve finalement le départ et m'aperçois qu'il y a environ 1 500 participants et qu'ils ont l'air de savoir ce qu'ils veulent. Je me mets tout au fond et attend.

Nous voici lancés, et comme je l'avais prévu, ça court vite, très vite, trop vite pour moi, je n'arrive pas à suivre et me retrouve encore une fois dernière.

Peu m'importe, je suis là pour prendre du plaisir et jauger mon physique. Les kilomètres s'enchainent, 5 - 10 kms et toujours pas de toilettes en vue. Ma vessie est sur le point d'exploser. La voiture balai me colle au train et Chéri me suit en vélo. Je n'en peux plus et me réfugie derrière un talus en pleine ville pour me soulager.

Ouf ça va mieux et je reprends de plus belle, nous voici hors de la ville et je vois défiler les kilomètres et les ravitaillements.. Psychologiquement c'est dur, je suis toute seule en course, les autres sont bien loin devant. Pourtant les quelques spectacteurs m'encouragent de leur mieux. J'ai l'impression d'être une grands mère au pays de la jeunesse. Je m'accroche pourtant et le beau temps est au rendez-vous, les bords de Loire scintillent sous le soleil et le paysage m'accompagne ainsi que Chéri. Je tente quelques blagues, mais il ne sourit pas... J'apprendrai plus tard qu'il s'inquiétait.

J'ai encore envie d'uriner, c'est incroyable mais aucun toilette n'est prévu sur le parcours. Je m'accroupis encore une fois derrière un bosquet et lâche la pression.

Physiquement je commence à morfler, je viens de dépasser le 15ème kilomètres et les douleurs se réveillent. La voute plantaire d'abord qui semble s'appuyer à chaque foulée sur un tapis d'épingles et mes muscles qui frottent sur mes hanches, comme un élastique qu'on fait boïnguer entre ses doigts. ça fait mal, mais je le supporte, j'en veux et l'abandon est hors de question.

Cela fait 2 h 30 que je courre, et Chéri m'indique que mon dos se voute de plus en plus (tu m'étonnes, la douleur augmente elle aussi).

M'en fou, il faut que je vois le semi... je ne lâche rien, je m'accroche. 20 puis 21 kms et voilà le semi, on m'indique que j'ai dépassé le temps imparti et je dois rendre mon dossard. On me propose d'abandonner et de rentrer avec la voiture balai. Jamais de la vie, je préviens que je continue hors course. Le moral est au plus bas, cela fait 3 heures que je courre et je n'ai fait que le semi, cela veut dire plus de 6 heures pour finir. Car je ralentis, les douleurs ne me laissent aucun répis. J'ai faim, j'ai mal mais je veux finir ce putain de marathon. Car je sais que je n'aurais plus le courage ni l'énergie, ni la volonté nécessaire pour recommencer un entrainement.

Chéri, hoche la tête, se dit, elle est têtue comme une mule, il faudrait qu'elle lâche le morceau, elle va jamais s'en remettre.
Je le vois, il n'a pas besoin de parler, je sais ce qu'il se passe dans sa tête. Mais je veux y arriver.

Je passe le pont qui me ramène vers l'autre moitié de la course. 22 puis 23 kms, mes pieds n'en peuvent plus, mon corps crie sa souffrance. Il se met à marcher contre ma volonté, je me dis bon ok tu marches mais on reprend dès que tu vas mieux. Horreur les douleurs sont encore plus violentes je n'en peux plus. Je demande une barre d'amande à Chéri pensant que ça va me redonner la pêche. Mais impossible, mon corps refuse de démarrer, comme ces vieilles tondeuse qui malgré l'acharnement mis sur la corde s'obstine à rester muette.

J'en pleurerai de dépit, de rage. Je dis mon désarroi à Chéri, qui me réconforte et me conseille de stopper maintenant avant de n'être qu'une pauvre loque. J'obéis, trop contente de me décharger de cette décision. Je suis triste et tellement déçue... 24 kms et cela fait 3 h 15 que je suis dans la course. J'aperçois un banc et mon cerveau me lâche, je ne suis plus maître de mes décisions, il m'ordonne de m'asseoir, j'obéis, je suis un zombie, j'ai mal partout.

Je veux pourtant encore espérer aller au moins jusque la maison à pied pour me dire que je n'ai pas complètement foiré. La maison est à 5 kms, mais impossible, il faut que je me repose, mon corps, ma tête me le crie.

Chéri part en vélo chercher la voiture et une fois seule, j'appelle mon père. Mon père qui a fait tellement de compétitions, je l'appelle et malgré moi j'explose en larmes (encore une fois je ne maîtrise plus rien).

Voilà, trop lente, je n'ai fait que 7,5 kms/heure de moyenne, je n'étais pas prête pour ce marathon.

Je ne sais pas si je renouvellerai l'aventure.
Ce soir j'ai mal partout, on m'aurait passer au rouleau compresseur que je ne me sentirai pas plus mal.
Chéri est super fier de moi, il est aux petits soins. Il me promet que nous nous entrainerons ensemble et que je prendrais de la vitesse.

J'aimerai le croire, je ne sais pas. Peut-être que tout simplement je suis une grosse tourte en course à pied et qu'il faut que je me le mette une bonne fois pour toute dans la tête.

Ce soir je ne suis pas marathonienne....

1 commentaire:

Frederic a dit…

Bonjour Virginie,
Je rentre de vacances et je trouve votre témoignage poignant sur votre première tentative (qui ne sera sans doute pas la dernière). C'est déjà génial d'avoir fait 24K ! Après trois bonnes semaines de repos il n'y paraîtra plus. Essayez de continuer à travailler le semi avec des partenaires d'entraînement, si votre chéri est d'accord pour entrer dans l'aventure c'est encore mieux. Tentez par exemple le semi de Baufort en vallée à l'automne prochain ou celui de Paris en 2009 et visez un Marathon pour 2010. Regardez les progrès depuis votre première scéance d'entraînement. Il faut voir le coté positif des choses. Je suis en train de lire un bouquin superbe (que je commenterai bientôt sur Marathonblog) et que je vous conseille +++ : "la fascinante solitude du coureur de grand fond" de Jean Yves Mortier aux éditions la bruyère. Ce psychanalyste de profession décrit de l'intérieur sa préparation du marathon de ... Nantes.
Bonnes courses !