18 avr. 2011

JAMAIS 2 SANS 3

Après une semaine sous le signe du rhume bien bien casse-bonbon (toux, sinusite à décoller la rétine et j'en passe) me voici enfin en week-end et cerise sur le gâteau : en week-end sans enfants et sous le soleil printanier.

J'ai pas mal décrocher du point de vue course à pied ces derniers temps.
Ras-le-bol général, marre des tendons, marre des douleurs, plus envie de me battre.

J'ai privilégié le vélo et surtout la natation.
Sauf lundi 11 où je fais un petit tour de 6 kms et je me lâche sur 3 x 3 min d'accélérations à 15 kms/h (parce que la sinusite - y en a marre à la fin).

Aux dernières nouvelles et depuis le semi de St André : une grosse contracture du pyramidal qui irradie dans la hanche.
M. l'ostéo -coucou me revoilou- m'ausculte et me remet en place 1 vertèbre lombaire, 1 vertèbre thoracique, 1 vertèbre cervicale.

Puis il enfile ses gants chirurgicaux....

Je te replace dans le contexte ami lecteur : la dernière fois (en décembre), il s'était bien marré avec son associé sur le cas d'un médecin généraliste qui ne savait que prescrire comme examen à un patient d'une soixante d'années qui se plaignait du coude.
Mon ostéo - dans un élan d'humour caustique autant que sarcastique, oubliant totalement ma présence - avait émis l'hypothèse d'effectuer direct un toucher rectal sans préparation pré-intromission.

Me voyant rire comme une baleine sur sa table de soin et prenant conscience enfin de ma présence (ben oui au bout du genou, y a une gueuzesse) - il part dans un éclat de rire, l'oeil espiègle et la lèvre frisante.

Mais revenons à nos moutons...

Me voilà 3 mois plus tard sur la même table pour un mal de hanche et un ostéo rempli de doigts, eux-même sagement recouvert de gants en caoutchouc.

Voyant mon air interloqué et ma pupille affolée -courant de droite à gauche à l'intérieur de mon iris tel un lapin pris dans les phares d'une Xantia, conduite elle-même par un Jean-Claude Convenant passablement éméché- Il re-part d'un éclat de rire et me rassure en m'expliquant qu'il va mettre ses doigts dans ma bouche (oui dit comme ça finalement c'est pas très rassurant mais sur le moment ça m'a bien convenu comme explication).

Ben oui ma tite dame, faut dire que vous avez la mâchoire de traviole et que du coup c'est pour ça que tout par en sucette la-dessous (ou l'inverse, j'ne sais pas, j'ne sais plus, mon cerveau a disjoncté à un moment).

Me voilà donc toute redressée des mandibules, du cou, et du dos et oh miracle : plus de douleur au pyramidal non plus (noté qu'il n'a pas un seul instant approché la zone douloureuse - zone oh combien attrayante pourtant :-D)

oui mais voilà j'ai toujours cette simili douleur à la hanche - qui me dit-on va passer - (et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu).

Entre-temps et dans l'intervalle, nous programmons avec Nicolecoach, des séances individuelles de renfort musculaire et d'étirement du dos.

Je bosse donc comme une acharnée depuis des semaines sur les automassages de Mister Carrio - les étirements de Mister Nico sans oublier mes étirements perso et le renfort de la zone comprise entre mes omoplates.
petit à petit je me redresse - si, si, on y croit fort.

Me voilà à l'aube de mon premier 10 kms de la saison. C'est vrai que cette année, je mise tout sur le court pour prendre en vitesse et enfin approcher les 4 heures au marathon.
LES 10 KMS DE NANTES - 16 AVRIL - 17 h 30
rencontre sportive fortement conseillée par nos amis du club TCN qui souhaite une représentation massive de "Tigrou" de tout genre, tous âges et tout poil.
(1/4 du TCN)


Je me sens bien, je veux faire 47 minutes (j'ai fait 52 à la Bugalière pleine de bosses l'année dernière) et je suis là pour péter un chrono.
Sauf que mes amis britanniques ont décidé de débarquer et pis parce qu'un 10 bornes sans douleur au ventre et aux reins c'est beaucoup moins drôle.

TOP c'est parti : je poursuis de façon effrénée Manuleprésidentduclub qui m'a dit vouloir se la jouer cool sur cette course. sauf qu'au bout d'1 km passé en 4min 27, je m'aperçois que cool pour lui c'est pas du tout cool pour moi.

Je ralentis....2ème (4'55), 3ème (5'08), 4ème km (5'08) ça pique mais je m'accroche.
mi-parcours : râââââââââ je suis en asphyxie.
6ème km (5'08) : mais qu'est-ce que je fous là - je marche au ravito pour faire redescendre les pulses
7ème km (5'12) : elle où la tangente pour rejoindre l'arrivée ? tiens je me fais doubler par le premier.
Je décide de le suivre pour rentrer mais heu ? non c'est pas possible, ça va se voir que je triche là :-)
8ème km (5'07) : plus que 2 bornes YES
9ème km (?) : un mec me double en soufflant comme une forge - je l'entends se motivé à coup de "PLUS QU'UNE BORNE ALLEZ"
Moi je me dis, oula - il reste le tour du stade encore mon gars - moi j'attends le stade.

9,6 kms : LE STADE et j'accélère à m'en arracher la moelle épinière.





Je double Angèle la Gazelle et à 200 mètres de l'arrivée, je suis prête à mettre le clignotant à gauche pour aller déposer une gerbe (non pas au soldat inconnu).
Mais le grand mec est devant et me ça me motive pour ne rien lâcher.

J'accélère et je suis en total anaérobie, je m'offre le privilège d'atteindre FCmax (184bpm) et je le double à 150 mètres de l'arrivée. Je le sens qui me talonne et me force à ne pas ralentir.
Me voilà enfin sous l'arche - je suis mourrue et j'ai fait 50min 25 (temps réel)

Bon ben ça ira comme ça pour aujourd'hui...j'peux pas faire mieux.
Je suis 38ème sur 103 femmes et 3ème fille du club (sur 6 représentée ce jour là).

J'ai super mal aux lombaires et aux hanches....je boite, je suis en vrac.
mes jambes non en aucun cas brûlées, ni chauffées mais bon dieu que j'ai du mal à respirer.
J'ai toussé, craché, sifflé comme une octogénaire asthmatique et cacochyme.
C'est bien le manque de souffle qui me freine et non le manque de puissance (je fumerais que ça ne serait pas pire).



LES FOULÉES DE L'ELEPHANT - 17 AVRIL - 9h10
Ce matin j'ai du mal à marcher tellement j'ai mal au dos.
Je m'étire et me dit "m'en fou", j'ai envie de m'amuser.
Marre de faire gaffe aux douleurs, marre d'être sage, foutue pour foutue, en vrac pour en vrac, je vais re-courir et advienne que pourra.

C'est aussi le marathon et Tugdual prend le départ à 9h00, non sans m'avoir fait promettre de le rejoindre au 35ème, situé au jardin des plantes, pour pouvoir finir les 7 derniers kms ensemble.
Car l'année dernière c'est là qu'il a commencé à dérailler et il se sentirait plus confiant de m'avoir à ses côtés.

Ces foulées, je suis sensée les faire en endurance, juste parce que j'ai promis aux organisateurs d'en être.
Alors je cours doucement, je m'amuse, je gambade, je marche, je baguenaude.
Mais quand même au bout d'un moment, je me dis que je ne vais pas y passer la matinée et puis l'émulation des autres compétiteurs commence à exacerber mon esprit compétitif.

Je m'avale du glucose au 5ème et je commence à filer. Mon dos, mes hanches me font souffrir.
Pff marre de vieillir.

Au 6ème je refait mon lacet et je repars. Puis je me dis - aller déroule tes jambes, tes pieds, décontracte-toi, laisse faire, laisse couler.

et au 7ème : surprise : plus aucune douleur mais alors aucune !!!

serais-je un poil trop crispée quand je cours : probable.

Mais je suis sûre aussi que le travail sur le déverrouillage des trapèzes et des omoplates y est pour beaucoup aussi.

Je vois l'arche et j'accélère, Merrrrr...credi, y a une 2ème arche et je ré-accélère, Merrrr...credi, y a une 3ème arche.
Bon là j'accèlere et si c'est pas la bonne, de toute façon je stoppe - ça va 5 minutes la blague !
ça va pas me faire rigoler longtemps le coup du cache-cache arche.

Ouf c'est belle et bien la dernière. Je fini les 9 kms en 54min 22 sec.

Je n'ai plus mal nul part, aucune raideur musculaire et je file à la voiture pour me changer et m'étirer.

déjà 11 h, je prends le chemin du jardin des plantes. Je rencontre un petit monsieur qui veut faire comme moi et rejoindre un collègue pour finir la course. Nous papotons tout le long du chemin et nous voilà en poste à 11h 35.
MARATHON DE NANTES - 17 AVRIL - 12H10



Je cueille Tugdual au début du jardin des plantes, priant pour qu'il soit un peu rincé car je ne suis pas sûre de suivre à 5'40 du km.

Il a mal au ventre et n'arrive plus à s'alimenter. Il me file sa ceinture porte-gourdes, il a du mal à la supporter.
J'essaie de le motiver tout du long. Nous alternons marche et course à pied.

Beaucoup de monde marche autour de nous - c'est l'hécatombe. Les bosses du second semi surprennent toujours les coureurs.
Il fait 20°C, les marathoniens ne sont pas bien frais.

Nous avançons bon an mal an - et je m'aperçois que c'est très difficile de coacher quelqu'un sur une course. Je ne sais pas si mes coups de pieds aux fesses lui fond du bien ou le démotive.`

Je me mets devant lui et lui demande de se focaliser sur mes semelles, de se laisser guider.
Il me dit que ce qui le motive est plutôt situé plus haut.

Peu importe : regarde ce que tu veux mais cours non de dieu !

Je lui dis : plus qu'une bosse (le pont St Anne) et après tu te laisses couler jusqu'au bout.
aux anneaux de Buren, je veux que tu accélères pour finir fort.

Finir fort fera partir ton mauvais feeling de course (il se sent nul).

Il me dit que c'est impossible, qu'il ne pourra pas accélérer, qu'il n'a plus de jus.




Je lui parle tout du long, l'encourage à marcher plus vite, à ne rien lâcher.
Il est au 36ème dessous quand la meneuse des 4heures nous passe et qu'il n'arrive pas à accrocher le wagon.

Je lui dit, tant pis, tu vas de toute façon améliorer ton score.
aux anneaux de Buren, il arrive à accélérer et me demande de passer devant pour le protéger du vent.

Je galope devant lui et vérifie sur les vitrines que je ne le perds pas en route. Il s'accroche et accélère de plus en plus.

Il revient à ma hauteur, puis passe devant, je continue à lui parler, égrenant les quelques mètres qui le sépare de la médaille.

Je lui crie tu vas être en dessous des 4 h 10 ! vas-y fonce... et là je me fais jeter par un organisateur car je n'ai pas de dossard :-)

Je passe sous le fil qui délimite la course et file le rejoindre à l'arrivée.
Il aura fait 4 h 07 et moi je commence quand même à avoir un peu les guiboles en queue de cerise (59 min pour boucler les 7 derniers kms).



Après savant calcul de ma part ; en comptant l'échauffement de chaque course, la marche pour relier certains points et les course en elles-même j'ai fait 80% d'un marathon (sans prépa dont 1/3 en perf) soit un global d'environ 35 kms.

Et bien on m'aurait dit ça vendredi, je n'y aurais jamais cru.

Ce lundi matin, je me déplie du lit, je marche comme un pingouin vers les toilettes et ensuite pff plus rien - no contracture, no bobo, no fatigue.
Sans le vouloir je viens de me re-donner confiance pour le trail de Vannes.

2 commentaires:

nathou a dit…

Contente de te retrouver sur ton blog, ça faisait trop longtemps...

Michaël a dit…

Super content de lire un nouveau billet génial. Coooool!!!