9 juil. 2012

LE MANS, SES RILLETTES, SON CIRCUIT ET SURTOUT SON TRIATHLON

Me vla enfin sur un distance olympique, ça faisait longtemps que j'attendais parce que vraiment le sprint c'est pas pour moi.

VERSION COURTE
Resultri



Je suis étrangement sereine et pas stressée d'un seul poil.
Et vous savez pourquoi ?
Parce que je sais que là, il ne sert à rien de courir mais bien de partir à point (héhé) et en tant que tortue (ninja), je maîtrise relativement bien le partir à point, voir le partir tranquilou, y a rien qui presse.

NATATION - 1500 m dans le sens du courant et dans la Mayenne (10 min avant les gars)
Je vous assure que là, j'ai collé l'arbitre aux basques et que j'étais la première sur le ponton.

3 raisons à cela :
la première est que je ne voulais pas du tout entendre les gens se parler entre eux et me communiquer leurs angoisses.
La seconde était que je voulais m'échauffer ; prendre la température et le temps de m'acclimater.
La troisième est que j'étais déjà dans ma bulle.

En bon petit soldat, qui a tout bien débranché les tuyaux du cerveau, je me suis glissée dans l'eau sombre et ai pataugé quelques minutes.

Top départ, les filles de devant entraînées par le courant ont grugé la ligne de départ officielle, mais tant pis, ça fait moins de pieds à éviter.
Je pars dans le paquet et ça batifole. Je suis d'un calme olympien et c'est bien la première fois que je ne ressens aucune peur, j'ai l'impression d'être dans ma piscine (??).

Au bout de 500 mètres les filles explosent, et c'est pile au moment où je décide de pousser un peu plus sur mes bras.
d'un coup les filles reculent et j'ai l'impression d'être sur un tapis roulant (marrant comme tout le courant).

Le seul hic c'est que je vais m'angoisser tout du long par peur de louper la sortie.

Car je n'ai vraiment plus personne, ni à côté, ni derrière, ni devant.
Les filles de devant sont TRES loin devant et les autres TRES loin derrière.

(il me manque les copines du club en fait)

Je sors 17 ème de l'eau ; pas essoufflée, pas fatiguée (j'aurais pu doubler la distance à coup sûr - le premier qui dit que j'ai pas poussé....).


23 min en tout soit 1'36 du 100 m (ouais je sais y avait du courant, rôlala les rabats-joie !)
(j'ai viré les 44 sec car j'avais déclenché ma montre avant le départ de peur de râter).

Transition 1 - 3min20
250 mètres à remonter, que je fais tranquilou, histoire de ne pas me casser la margoulette dans le public.
Parce que quand je sors de l'eau c'est comme quand je sors d'un pub : ça tangue, ça va de droite et de gauche, ça hoquète sévèrement.
Je marche pour remettre le cerveau à la verticale et au bout de 20 mètres je cours pour me dynamiser.

Je vais psychoter grave à mon emplacement. J'ai froid mais pas trop. Je prends les manchons puis les repose, puis les reprends, puis les repose. Je mets mes lunettes et mon bonnet de bain sur la chaise, puis dans le sac, puis sur la chaise, puis dans le sac. Je reste béatement devant mon casque et ne sais plus s'il faut l'enfiler maintenant ou plus tard....
Et tout ça avec ma voix intérieure qui hurle "MAIS BON SANG TU VAS Y ARRIVER OUI OU NON !!!! MAGNE TOI LE TRAIN !"

Bref : je finis par enfiler les manchons et le reste et je pars pour le vélo.

VELO - 42 kms roulants avec quelques bosses et faux plats
Ma stratégie : 1er tour en dedans et 2nd tour un peu plus fort sans me griller.

1er tour : ça ne manque pas ; les filles me passent une à une. Bof, bof, je laisse faire, je sais que je vais les remonter sur la 2ème boucle.
Je maintiens une moyenne de 30,3 kms/h sur ce premier tour et sans vraiment faire chauffer les cuisses.
Une partie du circuit est dans un vent contraire mais du coup je ne lutte pas et mouline. Pareil dans les bosses - bref je prends mon temps.
Virginie

2ème tour : une fille me double et elle à l'air d'avoir adopté ma stratégie. Alors je sais qu'il est temps de s'énerver un peu. Pourtant je n'ai pas envie du tout de faire chauffer mes cuisses car je veux faire une belle course à pied mais là c'est plus fort que moi : je vais lui montrer qui est la patronne nondedla !

Avec mes bêtises, je remonte celles qui m'ont doublées au 1er tour et qui sont bien en peine à cet instant. Le vent et les bosses les ont un peu cuites.
Tugdual


nota : j'ai vu 2-3 paquets qui draftaient comme des porcs mais qui heureusement se sont faits allumer par les arbitres et ça m'a fait un bon coup de fouet au moral (bien fait pour eux, bouhou les tricheurs !).

Je biche intérieurement car je finis le circuit sur une moyenne globale de 31 kms/h, donc en négative split.
Mais, j'ai quand même un peu mal aux jambes, il faut dire.

1h21 et 15ème féminine (1 h sur les prolongateurs, mes lombaires sont pas contentes).

La petite dame me redouble sur la ligne de transition et je la laisse volontiers s'exciter sur ses pédales auto-bloquantes, pendant que je me redresse et mouline tranquillement, histoire d'adopter la prochaine position pour la course à pied et calmer mes lombaires qui crient au secours.


TRANSITION 2 - 1'37
Je prends le temps de m'essuyer les pieds (plein de gravillons) et d'enfiler des chaussettes.
casquette, gourdes, dossard devant et c'est parti.
Tient la p'tite dame est encore dans le parc.


COURSES A PIED - 10 kms vallonnés
ou comment faire son échauffement, son fractionné, son travail de côte et de trail et son Cyrano !

Autant sur les 2 autres disciplines j'ai eu l'impression de maîtriser un chouia autant là, ça va être du n'importenawaq.

Je ne pars pas trop vite (c'est déjà ça de pris) et je cale mon souffle. Mais boudiou ce que j'ai mal aux guiboles. Le terrain ne va pas beaucoup m'aider. De l'herbe à vache en devers qui tort les chevilles.
puis de la terre. Hop un ravito, hop je marchouille à la Cyrano (ben j'ai le droit, j'ai bien bosser à vélo na).
et là, the grosse surprise : un raidillon. Ni une ni deux. Je pense à ma Marie sur son half Altriman qui doit s'accrocher et se botter les fesses comme un pitbull qui s'accroche à son os.
Je pense à Nancy qui jamais ne marche, à Sandie qui tient la dragée haute aux garçons et je me dis que je n'ai pas le droit de marcher.
hop hop hop, je sautille, ça passe. bôa, c'était que ça, pas de quoi s'en faire une montagne.
bon faux plat montant maintenant (je me dis qu'ils sont joueurs au Mans quand même). et pis la vraie de vraie surprise, le casse-quilles du parcours.
Alors là j'hésite, est-ce que je sors les piolets pour l'attaquer ? où est-je mis mes cordes de sécurité déjà ?(z'avaient pas dit que le kilomètre vertical était au Mans cette année).

Bon y a pas faut y aller, mais alors là tout le monde marche. Je n'en ai pas vu un qui courait.
où alors il faisait mine.

Arrivée en haut, quelqu'un note les dossards (tu m'étonnes, il a le temps de nous voir passer).
et puis après c'est une grosse descente.
mais là comme c'est sur la route, j'en profite pour dérouler ma foulée et essayer de me décrisper.

Ma moyenne chute vertigineusement je suis passée d'un 5'10 à un 5'30 du km (ben m'en fou, j'peux pas faire plus vite).
et la p'tite dame qui me colle aux baskets m'a sournoisement doublée (pfff).

2ème tour, je sais ce qu'il m'attend et je me mets en mode "garde du jus pour l'arrivée ma poulette".
Je maintiens le 5'30. Je double la p'tite dame qui me redouble et ainsi de suite.

Nous ramassons quelques gars qui n'ont pas survécu aux 2 grimpettes et qui marchent en soufflant fort ou qui s'étirent perclus de crampes et qui grimacent tous beaucoup.



Je me marre au passage près du stade car je vois les tricheurs qui font leur boucle de pénalité (re-bien fait !!!).

Moi je suis couleur pivoine et je pense, qu'importe la vitesse, essaies de garder une foulée tonique, les épaules dégagées, les coudes le long du corps et le regard loin devant toi.

J'ai marché à TOUS les ravitos (parce que je le vaux bien) et ma copine la p'tite dame aussi.
Un monsieur nous dépasse et nous lance "bon sang ce que c'est dur de remonter les féminines, et c'est plus dur d'années en années !".
Hop je le redouble au ravito (car lui s'arrête alors que je marche) et il me dit "hé ho, c'est pas du jeu de me redoubler là", alors je lui réponds "t'inquiètes pas, maintenant y a les bosses, tu vas pouvoir me dépasser :-)"

En haut du casse-quilles, le bénévole annonce mon dossard pour la prise de note et m'encourage.
Je réponds : "ben la 275, elle en a plein les pattes".
et là tous les spectateurs me crient "ALLEZ MADAME, LACHEZ RIEN, VOUS AVEZ FAIT LE PLUS DUR"
faut que je mette des lunettes ! suis trop moche !!!
Je fais signe que je me repose un peu pour repartir et un monsieur crie "ELLE A RAISON, C'EST COMME ÇA QU'IL FAUT FAIRE !!!"

Bon je repars plus vite que prévu parce que j'ai bien cru qu'ils allaient finir par me soulever de terre et me porter jusque la ligne d'arrivée.

Je redouble la petite dame en vert et là je sais qu'il ne reste plus qu'1,5 kms. J'accélère un peu, je la distance et à 1 000 mètres du bout, je te fais le plus beau fractionné de la saison (entre 5 et 4'45 du km, on se croirait à l'entraînement).
Tugdual qui remonte en sens inverse pour voir où j'en suis, n'arrive pas à me suivre et m'encourager en même temps (faut dire que, lui, a tout terminé).

En face une autre fille mais très loin devant. Pourtant ce qui va me faire plaisir c'est qu'elle va lancer plusieurs fois des regards paniqués par-dessus son épaules par peur que j'arrive quand même à la griller avant l'arrivée.


2h44 - c'est fini !!

54 min sur le parcours -17 ème féminine

classement final : 17ème femme/32 et 3ème/6 en S4

Oserais-je dire que j'aurais aimé un peu plus long?
ben oui, j'ose, parce que finalement là, je commençais à trouver mon rythme de croisière et que je n'aurais pas été beaucoup moins vite s'il y avait eu 5 kms de plus.
Je ne pouvais pas aller plus vite certes même avec 5 kms de moins :-)

Tout ça me rend super confiante pour Royan, j'ai l'intime conviction que je suis sur des rails quand l'effort devient long et je finis par ne même plus remarquer la douleur et la peine.
Alors faire le double, m'excite bien ma foi.

Anecdotes et broutilles : la petite dame en vert est une V4 (la seule de la course) et je l'ai trouvé sacrément costaude.
Je trouve que les filles sont incroyablement fortiches. Pas une n'a abandonné, ou baissé les bras.
Elles ne lâchent rien, jamais, c'est fou. Alors que j'ai vu pas mal de gars ralentir, et souffler. Je n'ai jamais vu aucune fille se dire que la bagarre était fini.

Tugdual a fini en 2h20 - je me suis faite doublée par tous les copains du TCN et chacun m'a encouragée. Nous étions un tout petit noyau, mais ce fut une super après-midi passée en compagnie de David G et sa femme Peggy, Charles, Gérald A et Norbert.

Pour finir et parce que sinon la course c'est moins drôle. Comme à l'habitude j'ai SUPER bien préparer la course :
1-  La veille j'avais fait des pompes, et de la muscu histoire de me fracasser les grands dorsaux et les épaules.
2- Evidemment je n'ai mangé qu'un Gerlinéa le midi (pas le temps, pas faim etc) et pris un vrai repas à 7 h du mat (rien entre les 2)

alors du coup après la course, quand la dame de la buvette m'a mis sous le nez une merguez, je me suis jetée dessus.

J'ai bien cru que la mâchoire de Tugdual allait tomber par terre (pensez-vous au moins 6 ans que je n'ai pas mangé de cochonnerie comme ça) et je pense que si on m'avait annoncé qu'il ne restait que de la panse de brebis farci, j'en aurais commandé 2 sur le champs-illico-presto-grouillez-vous.

4 commentaires:

bat a dit…

Bravo pour cette course, la nat c'est toujours plus facile dans le sens du courant, a Paris on a du gagner 10' avec les pluies de la veille ;)
Belle gestion qui promet un chouette LD !

Twister a dit…

Toi tu vas CARTONNER à ROYAN !!! Bravo la miss tes progès sont fulgurants, preuve que les entrainements payent !!

nat bernardin.supiot a dit…

Wouhaou !!
C'que t'assures !!
comme dit anne, c'est vrai que tes progrès sont ... fantastiques !!
T'as raison !! Ne lâche rien !!
ça te va super bien !!

et bravo aussi à Tug !!

Anna-Lou a dit…

Hello Virginie !
J'ai mis en avant ton blog sur le groupe "le coin des joggeuses" sur GoodPeopleRun.com voici le lien http://goodpeoplerun.com/joggeuses

Si tu veux tu peux laisser un message afin de donner envie aux lectrices de te lire !

Bravo pour ton triathlon ;)

A très vite

Anna-Lou